
Le débat est mal posé. La décision européenne n’est pas un référendum pour ou contre le véhicule thermique. C’est un faux débat qui permet surtout d’éviter le vrai sujet.
La vraie question est celle-ci : comment éviter le déclassement de la filière automobile européenne dans un choc industriel mondial❓
🏭 Car cette filière, ce sont 330 000 emplois industriels en France (Insee), 13 millions d’emplois en Europe (ACEA) et 7% du PIB européen. Un pilier de l’industrie européenne.
En introduisant des flexibilités sur la trajectoire de 2035, la Commission européenne s’attaque au calendrier plutôt qu’aux défis. Revoir la date ne rattrape ni le retard technologique européen, ni la concurrence de véhicules chinois massivement soutenus par des aides publiques.
Le vrai sujet est celui des règles du jeu ;
Où est la stratégie sur le contenu local pour capter la valeur ajoutée en Europe❓
Où sont les conditions d’accès au marché européen avec transferts technologiques et de compétences❓
Où sont les instruments crédibles de défense commerciale❓
Où est le soutien à la demande pour permettre aux européens de changer de véhicules❓
Assouplir la trajectoire, c’est ajouter de l’incertitude là où l’industrie a besoin de visibilité. Le risque est clair : perdre la filière thermique sans avoir construit une filière électrique compétitive.
🪫 Dernier angle mort du débat : l’énergie. Défendre le thermique, c’est prolonger une dépendance qui coûte 65 milliards d’euros par an à la France en importations d’énergies fossiles, avec des conséquences économiques et géopolitiques bien connues.
Ce débat n’oppose pas des moteurs.
Le vrai risque n’est pas 2035 : c’est le déclassement.